Teen'Art est un nouveau magazine, bilingue français/anglais, qui se veut être le miroir de jeunes artistes connus ou "inconnus". Rencontre avec sa fondatrice, Angélique.

 

Découvrez le magazine 

 

Angelique-profil

 

Elle est créative, généreuse, franche, sensible et  n'a pas encore 30 ans. Si pour l'instant son nom ne vous dit rien, cela va changer. Angélique est partout: A Paris, à Quebec, à Dakar. Au travail, aux associations, au bénévolat. Aux défilés de mode, derrière l'appareil photo, aux côtés d'artistes prometteurs, auprès d'enfants. Elle est aussi de tous les combats: Enfants – Santé - Lutte contre la pauvreté et toutes autres inégalités - Arts et culture – Libre expression .Rien que ca, oui. Elle en a de l'energie, et tant qu'á faire, autant la mettre à profit! 
Une personnalité multiple, complète et complexe qui fait déjà parler d'elle et qui le mérite. Elle va devenir le modèle de toute une génération de jeunes femmes en quête d'un exemple de réussite. Et bien évidemment, le premier numéro de Teen'Art est un succès.

Puisqu'en plus la demoiselle est très généreuse, elle a accepté de me consacrer quelques instant pour répondre à mes questions

 Parle moi de ton parcours scolaire et professionnel

 J ’ai obtenu en 2004 un baccalauréat G (comptabilité) au Sénégal après tout un cursus scolaire chez les sœurs de l'immaculée Conception de Dakar, école familiale car de ma mère à mes sœurs, nous y sommes toutes passées. Par la suite, j’ai intégré un institut de formation où je suis ressortie avec un diplôme supérieur de gestion. Grâce à un partenariat entre cet institut et l’université d’Evry en Essonne, j’arrive en France en 2007. Après plusieurs formations sanctionnées par une licence en administration et gestion des entreprises, un master en audit financier et contrôle de gestion et un certificat supérieur en management qui atteste deux années d’études dans une école doctorale, j’immigre au Canada. Toutefois, en parallèle à ces formations, j’ai occupé pendant un peu plus de 5 ans des postes situés au carrefour du credit management, du contrôle de gestion, de la comptabilité et de la gestion dans des sociétés d’envergure européenne ou au sein d’un cabinet d’audit de premier plan. Ces expériences ont contribué à cultiver divers savoir-faire et des qualités variées

 Parle-moi de Teen'Art

Teen'Art ou la re-naissance de l’Art se veut être le miroir de jeunes artistes connus ou "inconnus". A travers d'interviews, des portraits, des rencontres, ... ce magazine présente des gens (extra)ordinaires que nous croisons au détour d'une rue de Paris, de Montréal ou de Dakar mais également des individus qui excellent dans leur art, au quotidien.

 

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 Comment est née l'idée? Pourquoi ce magazine?

Avec les fonctions que j’occupe au sein d’A’S de la Perfection, j’ai remarqué des inégalités en côtoyant le monde de la mode ou de l’Art, en général: certains artistes n’ont pas les moyens (financiers, matériels, humains, …) pour se faire connaître. A la suite d’un partenariat avec un concours de beauté, j’ai décidé d’essayer de donner une chance à ces gens de faire connaître leur art, leurs talents. C’est un pari audacieux mais on se donne les moyens de relever le défi rien que pour les artistes qui acceptent de nous faire confiance.

Qui sont tes principaux collaborateurs?

Ma famille qui ne cesse de me soutenir dans toutes mes entreprises, des amis d’ici et d’ailleurs et des inconnus également qui adhérent à notre démarche. L’équipe ne cesse de s’accroître au quotidien et cela prouve peut être que nous sommes sur la bonne voie.

Quelles difficultés as-tu rencontré et au contraire quelles facilités as tu-eues?

Pour le moment, il n’y a pas encore eu de difficultés mais nous n’en sommes qu’à nos balbutiements. De par nos autres activités, nous avons déjà un bon nombre de gens qui nous suivent, c'est un bel avantage

Comment choisi-tu les artistes dont tu veux parler dans ton magazine?

Il faut que ces artistes «excellent» dans un art nouveau ou méconnu ou bien que les artistes soient eux-mêmes inconnus. Avec le mot Teen, on pourrait croire qu’il s’agit d’un magazine destiné aux adolescents mais ce n’est pas le cas:  il réfère plutôt à tout art qui naît ou qui essaye de prendre sa place dans son monde. Il peut aussi s’agir d’un art oublié.

 Qui sont tes lecteurs?

Ils sont éparpillés un peu partout dans le monde, peu importe l’âge ou le sexe. Toutefois la majorité provient des 5 pays suivants : Canada, Sénégal, France, Etats-Unis et Maroc

Un coup de foudre pour un artiste en particulier?

Plus récemment, j’ai interviewé DJ Exki, un français de seulement 26 ans qui compte déjà à son actif des expériences influentes . Et le plus «étonnant», il a commencé à l’âge de 16 ans. C’est un modèle de persévérance, selon moi, pour les jeunes qui se passionnent pour des métiers que nos parents ne connaissent pas. De plus, il montre que l’entreprenariat chez les jeunes peut se manifester à n’importe quel âge et amener loin.
(lien vers son site web)

Quelle rubrique de ton magazine aime-tu particulierement?

Toutes les rubriques car chaque artiste apporte un petit plus. Mais si je dois choisir, je dirai deux rubrique, en particulier :

. A l’improviste ou On spec (version anglaise) dans laquelle, en quelques lignes, nous dévoilons tout le parcours et l’univers d’un artiste musicien-chanteur et

.Teen’Model : le ou la Teen’Model fait la couverture du magazine et est choisi, entre autres, en fonction de tous les efforts consacrés ou obstacles rencontrés pour faire son art.

Quels sont les projets et objectifs de Teen'art pour l'avenir?

Faire reconnaître le travail de toutes ces personnes (collaborateurs et artistes) qui ont accepté de se joindre à cet aventure. Accrocher un plus grand nombre de lecteurs et ainsi être proposé dans d’autres langues.

A quoi ressemble une de tes journées de travail?

Mes journées ne se ressemblent guère. Le mercredi, par exemple, c’est la journée bénévolat qui commence de 13h pour ne finir qu’à 22h. C’est à peine si j’ai le temps de prendre un repas convenable mais c’est tellement plaisant, intéressant et instructif de lire les lettres des enfants et d’y répondre.

En dehors de ton travail au sein du magazine, que fais-tu?

Je fais beaucoup de bénévolat notamment dans des organismes comme la Maison des Enfants de l’Île de Montréal et aux Jeunes Entreprises du Québec où je suis, respectivement, rédactrice courrier pour des enfants du primaire et conseillère en gestion d’entreprise pour des jeunes du secondaire. Je m’occupe également de la gestion de sites internet de marques de bijouterie, consulting, sculpture, stylisme ainsi que de l’enseignement des langues wolofe et sérère pour de futurs stagiaires de solidarité internationale qui s’en vont au Sénégal cet été et de la langue française à des non-francophones.Pour finir, je suis Correspondante Afrique du magazine Volup2 qui traite de la beauté et des rondeurs.Toutes ces occupations sont à titre non lucratif.

Qu'est-ce que Puesta Del Sol, pour qui tu essaye de recolter des fonds...

Puesta Del Sol … J’ai eu la chance, dès mon arrivée au Canada, d’être choisie pour ce stage de solidarité internationale qui va tant m’emporter sur le plan humain. Il s’agit d’une expérience qui a pour but de renforcer, par des activités génératrices de revenus, le développement du tourisme et la majoration des ventes des produits agro-alimentaires artisanaux, le projet écotouristique de l’association communautaire de femmes : Puesta del Sol de façon à réduire durablement la pauvreté dans la communauté de La Paloma, à Moyogalpa, une région du Nicaragua.

Pour plus d'infos et/ou faire un don: Puesta Del Sol

... et qu'est ce que l'AS de la perfection?

En 2012, j’ai co-créé, avec mon plus jeune frère agé de 21 ans, A’S de la Perfection qui est une entreprise de mode, de design graphique et de photographie et qui a pour objectif de moderniser et d’africaniser la mode tout en la rendant accessible à tous et en veillant à rendre impérativement, au-delà des frontières, hommage à la beauté et aux richesses de l’Afrique. C’est également une marque philanthrope et sensibilisatrice car l’entreprise reverse une partie de ses bénéfices à des associations et essaye de montrer que la mode se fait avec tout le monde, qu’on fasse du 34-36 ou du 48.

 

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 Tu as beaucoup voyagé...

Oui! J’ai fait beaucoup de pays européens mais ceux qui m’ont marqués sont la Slovaquie et la Norvège. On pourrait croire que dans le premier, ils n’ont jamais vu une fille originaire de l’Afrique. J’ai senti un malaise chez certains et de la curiosité chez d’autres. Ce fut très pesant durant tout le séjour. Dans le second, le degré était moindre et à Stravanger, une ville à côté d’Oslo, où j’ai fait de l’escalade en montagne très périlleux dans un froid glacial, les accolades pleuvaient une fois que les norvégiens avaient abusé de la seule boisson qui, selon moi, les rendaient plus chaleureux d’apparence.

Mon coup de foudre va pour le Canada, pays de multiculturalisme. Je pense qu’il n’est plus à nier que le multiculturalisme canadien est un modèle d’intégration pour tout nouvel arrivant. La gestion de la diversité ethnoculturelle est bien opérée même s’il semble que la «guerre linguistique» pour la sauvegarde de la langue française, entre autres, est au cœur des débats ; mais, c’est un autre sujet. Je me sens bien ici.


Pourquoi s'installer au Canada?

Comme je l’ai indiqué précédemment parce que c’est un pays multiculturel. Toutefois, l’une des principales raisons est la situation économique en France mais aussi et surtout dans mon pays d’origine, le Sénégal. Et c’était aussi un moyen de me rapprocher d’une partie de ma famille.

Pour finir, parle moi un peu de toi: qui es-tu?

Mes amis disent de moi que je suis une «folle positive avec le cœur sur la main». Je dirai plutôt que c’est tellement barbant parfois de toujours se prendre au sérieux. La vie est trop courte et quand on a la possibilité d’apporter un sourire sur le visage de quelqu’un, pourquoi hésiter. Ma mère avait accroché dans ma chambre d’enfant un petit tableau avec cette citation de Frank Irving Fletcher : «Un sourire ne coûte rien, mais il rapporte beaucoup ; il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne.» Celle-ci est gravée dans ma mémoire à vie.

De plus, je viens d’un pays qualifié de sous-développé et même si j’ai la chance d’avoir eu des parents qui ont tout fait pour que j’ai une bonne place dans notre société actuelle, j’ai vu et ai été confrontée à ceux qui n’ont pas eu la même chance que moi ; donc, en tant qu’adulte de demain, j’essaye, par tous les moyens possibles, de rééquilibrer la balance.

Toutefois, comme tout être humain, je ne suis pas parfaite. J’ai un sale caractère si on considère que je cesse de parler tout bonnement à des personnes que je trouve fausses envers moi ou envers d’autres personnes ou que je m’entête de dire mille salutations à une personne qui ne répond pas à mon premier bonjour ou pire que je n’ai pas froid aux yeux.

 La question qui n'a rien à voir: La meilleure chanson du monde pour danser/se defouler/se lâcher?

Ce n’est pas une chanson mais  un style musical : le Kizomba, musique angolaise qui s’exporte, de plus en plus, partout dans le monde.

Merci, et bon vent!